all we need is love (cucocina)

all you need is loveAujourd’hui 1er mars, je reçois une lettre de l’autre côté de l’atlantique. Cette personne m’écrit pour me dire qu’il existe là-bas un endroit qui porte mon nom, elle m’envoie aussi une photo de l’enseigne du lieu. D’après les dernières informations, Cuco se situerait dans un des plus petits pays d’Amérique du Sud. Extensions géographiques et culinaires du « moi » : cucocina est né. Pour les non hispanisants, cocina signifie cuisine, du verbe cuisiner, ou dans sa forme substantive, la cuisine. Cucocina, pourrait devenir l’expression pour dire Tiens ! ça pourrait bien être un plat de Cuco ! Quant à Cucontesta…contestar signifie répondre. Cucontesta pourrait devenir un genre particulier de réponse : C’est une cucontesta, c’est à dire une réponse que Cuco aurait pu faire.  Cuco se conjugue et des mondes s’ouvrent… Vous invite à découvrir la cucocina de là-bas

https://cucocina.wordpress.com/

et la ville devient comme une maquette

Cuco est heureux de recevoir
une photo de Chill O à NY
C’était notre première conversation, un peu à la même période l’année dernière
au milieu de la nuit sur le dancefloor de la Machine du Moulin Rouge
pour la soirée Barbieturix. Elle partait à NY.
Cuco s’est souvenu de ce voyage sur le ferry et lui a raconté

Tu es à NY

Tu es à NY et tu pars à Ellis Island

Tu es à NY tu pars à Ellis Island et tu arrives en voiture au sud de Manhattan

Non

Tu es à NY /tu arrives en voiture au Sud de Manhattan /et tu décides de partir à Staten Island

Tu es à NY

Tu es à NY / tu arrives en voiture au Sud de Manhattan / tu décides de partir à Staten Island et tu embarques sur le ferry

Tu es à NY et tu embarques sur le ferry

Tu embarques sur le ferry

Tu embarques sur le ferry et tu quittes la ville

Tu quittes la ville

Tu quittes la ville et tu t’éloignes

Tu t’éloignes

Tu t’éloignes comme dans un très lent dézoomage

et la ville devient peu à peu comme une maquette

Le lendemain matin, je me réveille en plein rêve, Cuco a organisé un after chez lui avec la djette Myako et plein de gens de la soirée, et chez moi, c’est à NYC.

Et aujourd’hui 8 mars Chill O est toujours de l’autre côté de l’atlantique et me dédicace cette très belle photo de NY

MANHATTAN, qui devient une maquette.. sous ses fils tendus, c’est le titre de cette photo de Chill O

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Dialogue avec 33 variations de Ludwig van Beethoven sur une valse de Diabelli

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Cuco était heureux de participer à l’événement « Petits meurtres entre amis pour le retour de Léonie » organisé, entre autres, par Léonard Collignon et Marie Million. C’était le second épisode de la petite réunion tranquille entre élites de la nation à Barbès, pour ceux qui ont lu le journal de Cuco ce mois-ci….

Sur le canapé, il y avait Diane Douceur, Hassiba Azizi, Jasmin De Nimbocatin, Léonard Collignon, Sally, Léa Le, et puis le souvenir de ceux et celles qui étaient déjà partis quand Cuco est arrivé. Sally a embrassé si fort Léonie qu’elle avait comme des suçons autour de la bouche après. A 18 ans, on ne maîtrise pas sa fougue, surtout quand ce sont des retrouvailles après une si longue séparation. Alors quand Sally a voulu embrasser Cuco, j’ai eu peur que ça fasse la même chose. Léa m’a annoncé la prochaine publication d’une illustration pour Scratch Massive, avant de s’en aller à la féline, le bar rock de la capitale du côté de Ménilmontant.

Baleno, Cuco et Léo sont sur un radeau : c’était l’inoubliable naufrage de la soirée.

PS : Baleno, c’est l’invention queer de Léonard Collignon qui avait adopté un look néo-beer interspéciste, si l’on veut bien admettre que baleno est le nom du bébé baleine. Cuco trouvait cela érotique à souhait.

cette soirée a commencé doucement par ce dialogue avec 33 variations de Ludwig van Beethoven sur une valse de Diabelli, cadeau de Cuco à Léonie Pernet, et ça a fini par une photo et un post de léonie Pernet qu’elle a intitulé, je ne sais pas pourquoi, Don’t fuck with her !

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Cuco’s Valentin(e)s

Quand l’ombre et la lumière dessinent sur ton corps des montagnes, des forêts et des îles au trésor, c’est ce que Nue Elle Nahr Sade a écrit sur mon mur. Quand tu ne te sens plus chatte Et que tu deviens chienne Et qu’à l’appel du loup Tu brises enfin tes chaînes. C’est ce que je lui ai répondu. La suite a été censurée sur World Press. Cuco séduit a cédé à l’appel de la sirène, en plus il aime cet endroit où il faut emprunter un escalier pentu et abrupt avant d’arriver au sous sol qui ressemble à une sorte de cave voûtée. Je suis arrivé au Klub alors que Jean Biche terminait sa performance, j’ai eu l’impression de tomber dans un cabaret queer, un bad remake queer et grotesque de Eyes Wide Shut. Drag queené, il distribuait des masques en papier que tout le monde mettait. Comme dans un traquenard ou le pire cauchemar de sa courte vie, Cuco s’est trouvé nez à nez avec des dizaines de personnes masquées, invité à poser pour se faire photographier avec des inconnu(e)s masqués. De la pure sale fiction, des masques avec un sourire figé, le visage de Dominique Strauss Kahn partout. C’était avant la sale affaire qui défraie aujourd’hui la chronique, une étrange préfiguration…et ça c’était un petit flash back du 25 février. Et puis Jean Biche la magnifique a quitté la scène en se faisant porter délicatement. J’ai croisé Héloise Thomas qui n’avait pas pu se rendre l’autre soir au rdv des élites de la nation à Barbès, elle a mis elle aussi un masque, puis je me me suis promené derrière la scène, j’ai alors failli me faire dévorer par un crocodile. C’était mon First Valentin, Clément Giraux, qui avait vraiment revêtu une tête de crocodile et qui souriait, la gueule grande ouverte. Dora Diamant est passée, elle a crié Cuco en me mettant au passage une petite main au cul, avec Jean Biche nous nous sommes salués comme si nous nous connaissions, car après tout, nous sommes un petit peu du même genre, et surtout, nous étions fait un peu de la même peau puisqu’il portait de longs gants de latex noir, et puis Stéphane Moshé, avec sa douceur habituelle. Parfait Guiguet a pris les commandes, malgré quelques incidents techniques, elle a tenu la barre. C’était un court set énergique et musclé, avec plein de ruptures brusques, Nailée est toujours si vivante derrière les platines. Nue Elle Nahr Sade a fait son entrée fracassante, elle est arrivée en costume rouge vif et a chanté une suite d’extraits de chansons d’amour, parfois en criant, et c’est à ce moment là qu’une américaine de San Francisco, Sophia, est venue me voir pour me demander pourquoi j’étais comme ça. Parler en anglais sans bien entendre quoique ce soit à cause du masque et des prouesses vocales de Nue Elle Nahr Sade, que je manquais, c’était presque impossible. J’ai repoussé ce dialogue auquel je ne devais pourtant pas échapper. Ce show était un vrai succès, ses fans attendent maintenant la sortie d’un EP, Naïlé a repris les commandes avec Dora Diamant, Thabata Weiss Gerber dansait, et ça a déchiré, dans le wild punk style de Dora Diamant et des Travlators.

Cuco a dansé longuement avec le doux et lumineux Yasmina Cheveux, son pantalon lançait des éclairs sur le dancefloor,  non loin, il y avait la belle dark team, avec Dustin Muchuwicz et Ben Dupinoy. Retrouvailles joyeuses avec Luc Angelini qui dansait avec un rythme si frénétique que Cuco ne pouvait absolument pas le suivre.

Les lesbiennes de San Francisco sont revenues à la charge, nous avons pris des photos, discuté un peu, Laura me trouvait so cool, c’est ce qu’elle m’a écrit sur son iphone en prenant mon adresse. Quant à Sophia, elle voulait absolument savoir si c’était juste pour la party ou si j’étais TOUJOURS comme ça, si j’avais une autre vie, et comment je m’appelais dans l’autre vie, et surtout, elle voulait savoir pourquoi. J’ai dit j’ai écrit Who is Cuco tu peux le lire sur mon blog si tu veux. WHY ? Mais pourquoi tu fais ça ?  Elle n’en revenait pas elle trouvait ça tellement dingue qu’elle me l’a demandé plusieurs fois et tellement de fois et avec tellement d’insistance, que j’ai fini par me demander moi-même pourquoi je le faisais, peut-être à cause de l’ivresse. Sophia, U know what  baby ? I don’t know i don’t know why it’s Cuco Cuco Cuca I’m Cuco, there is nobody inside me i’m just Cuco and before Cuco i just don’t know what happened why Cuco appeared in my mind, maybe i just wanted to be what i already was, just transgendered, i don’t know i just would like to try something new in my life to disapear to be someone else to open my mind i don’t know why, maybe i just wanted to escape from myself i don’t know why I just wanted  to experiment life and u know we are two and much more in the same body i would like to change body too i don’t know baby i just wanted to be someone else to experiment a new life without any biography, without usual inscription in society i don’t know WHY baby, really i don’t know. Anyway, i had this idea one day in an other country i wrote it and then i did it, that’s all. That what i tried to explain to Sofia and Laura on this fucking dance floor with my bad english. I’m not an artist, i’m just and underground fighter as said Diamanda Galas, that’s what could have said Cuco but i’m not sure i told that. I don’t remember. Et en fait ce n’est pas ce que dit Diamanda Galas, c’est le contraire, » I’m only an artist, I should have been an underground fighter, et Cuco c’est le contraire. Et quelques jours après ….revenue à San Francisco, Sophia ‘the very demanding american girl » comme elle s’est elle-même surnommée, m’envoie deux photos, l’une de nous deux avec des coeurs derrière parce que c’était la Saint Valentin avec les Travlators, l’autre avec Héloise Thomas qui a ici des sous ses airs de femme fatale et porte toujours des Moon boots rouges au cas où il neigerait

Un garçon s’est approché de moi avec une fille, on a dansé tous ensemble, tous les trois, soudain j’ai vu un grand coeur noir sur son torse, enfin sur son tee-shirt, alors je l’ai dessiné, comme j’avais longuement dessiné les contours des ronds de Yayoi Kusama dans la salle aux miroirs lors de mon hacking au Centre Pompidou. Là, il n’y avait qu’un grand coeur noir, cousu ou collé sur un T-shirt et puis il a fait suivre le coeur entre ses mains et a dansé avec un coeur. Omar, comme Omar m’a tué, c’est ce qu’il m’a dit en bas de l’escalier quand il partait. Omar Dissolu au coeur noir, my dark Valentin.

Cuco a aimé danser au rythme libre, brisé et souple de Stephane Von Brach, mon autre Valentin, et doucement avec Mo Liz qui ne se sentait pas très bien, et puis aussi avec Pauline. Et Raya Martini, toute la soirée, dans cette atmosphère punk et déjantée, dansait doucement avec  sa nonchalance et sa grâce d’ange, un(e) autre Valentin(e)

Et Niz Denox est arrivé, voilé. Cuco se souviendra longtemps de cette vision de Niz Denox  presque nu, en slip blanc sous son voile noir, portant des chaussures à talons et chantant délicatement Foule sentimentale. Et c’est avec ces mots de Souchon que Cuco s’en est allé, plein d’amour et de tendresse dans l’âme et dans le coeur, dans la rue il fredonnait encore le petit refrain

Foule sentimentale
On a soif d’idéal
Attirée par les étoiles, les voiles
Que des choses pas commerciales

La nuit, Cuco s’est promené sur le site de Dora Diamant et c’était comme trouver un trésor sur une île inconnue, c’est Nue Elle Nahr Sade qui avait raison

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Ici, deux illustrations de Dora Diamant

Cuco is in love with all of them

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Cuco cuclillo coucou CC

En guise de cadeau de Saint Valentin, un lecteur du blog m’envoie cet article de Michaël Grégoire, maître de conférence d’espagnol à l’université Blaise Pascal de Clermont ferrant où il enseigne la traduction et la linguistique générale et espagnole.  Il me demande si j’ai d’une quelconque manière inspiré l’écriture de cet article, je n’ai bien sûr pas pu lui répondre, à moins que Michael Grégoire ait lu le post du 26 mars ? Ou simplement, et c’est le plus probable, ce n’est que coïncidence. Ce monsieur s’intéresse à Cuco Cuca sans savoir qu’il existe un être qui s’appelle ainsi et qui vit dans le même pays que lui. Et d’ailleurs, sous plusieurs formes concomitantes, mais dans un autre pays, car vous avez pu découvrir le premier vol des perruches latino-américaines Cuco Cuca. Toujours est-il que Cuco Cuca a trouvé son biographe herméneute et ce n’est pas le moindre des paradoxes car Cuco est un être sans ancêtres, sans biographie officiels, sinon ceux et celle que tissent le langage et la mémoire des un(e)s et des autres. Mais l’affaire est complexe et il faut être fin linguiste pour suivre ces raisonnements quelque peu abscons, vous pouvez télécharger l’article sur le net, sinon, je vous livre quelques extraits. Derrière l’apparente diversité, voire même ambiguïté du signifiant, ce chercheur s’attache à trouver des invariants sémantiques, ou des saillances. L’invariant minimal fédérateur qui ressort est l’oiseau et l’astuce. Finalement l’ambiguïté ne serait qu’apparente…

J’ai bien la confirmation que Cuco Cuca désigne un drôle d’oiseau, et aussi le sexe féminin et masculin. J’y apprends qu’ils renvoient aussi à la femme perverse, au cocon ou à la larve, bref, au mutant, ce qui va se transformer. Plus surprenant, j’apprends que Cuco désigne parfois un cafard, un fruit sec, ou un fourgon de police. Dans ces cas là, je préfèrerai m’appeler Cuca. Surprenant aussi de découvrir que Cuco ouvre à la rondeur,  petit panier, voire même berceau. Cuco berce… enfin j’ai bien la confirmation que Cuco (Cucus, Cucclillo) désigne le dandy, mignon, rusé et astucieux.

Le constat de l’ambiguïté ?

« Il n’est pas difficile de déceler, au gré des lectures, des mots lexicaux de quelque langue qu’ils soient qui posent la question de l’ambiguïté. En effet, une même forme peut très souvent renvoyer à plusieurs référents. Par exemple, pour l’espagnol, langue que nous étudierons ici, le substantif ganga, d’une part, évoque aussi bien un « gang » qu’une « bonne affaire », et cuco, avec son féminin cuca, ne désignent pas moins de huit sens en discours

La problématique est donc de savoir, dans ces cas précis, sur quoi repose ce phénomène que l’on nomme de polyréférentialité où à un signifiant donné correspondent plusieurs sens non nécessairement ou non directement liés entre eux. Or, cette ambiguïté pourrait n’être que de façade et révéler des usages particuliers que ces signifiants autoriseraient en propre, une propriété visible dans leurs rapports à d’autres signifiants. Notre objectif est de chercher une cohérence entre le sens et la forme dans le lexique. Nous nous proposons, pour ce faire, de partir en quête de l’invariant minimal fédérateur qui apparaît après structuration morpho-sémantique de vocables faisant système. Ledit invariant est donc fonction des structures et des paradigmes dont les signifiants font partie.

La propriété commune aux signifiants corrélés sera nommée une saillance, une unité d’analogie porteuse d’information conceptuelle, c’est-à-dire pré-sémantique. Cette saillance peut toutefois varier en fonction des discours…….

Cuco, cuca et leurs nombreuses acceptions

Cuca (Cf. cuco 2).1. f. souchet, amande de terre.2. f. Chenille donnant lieu à certains papillons.3. f. cafard.4. f. coloq. Femme ayant le jeu pour vice. 5 f. coloq. peseta (monnaie espagnole).6. f. Chili. Oiseau haut sur pattes ressemblant au héron européen, par sa couleur et son aspect, mais plus grand. Il se caractérise par son cri strident et son vol maladroit et dégingandé. 7. f. Chile. Fourgon de police servant à transporter les détenus. 8. f. vulg. Col., Guat. y Ven. Sexe de la femme.9. f. Col. Galette ronde et sucrée faite de farine de blé et de biscuits en sucre. 10. f. Nic. pénis.11. f. pl. Noix, noisettes et autres fruits et gourmandises similaires.

Cuca (anthroponyme) : Diminutif de Maruja (María) ou de Piluca (Pilar)
Cuco (D’origine inconnue) 1. m. coloq. Petit panier léger à anses en osier, en toile, ou fait d’une autre matière, qui sert de berceau. (Cf. DRAE, s.v. cuco. Nous traduisons)
Cuco, ca (D’origine onomat. : de cuclillo; cf. lat. tardif cucus et gr. κόκκυξ. 1588-98. Corominas, s.v.) 1. adj. mignon, dandy. 2. adj. coloq. Rusé et astucieux, qui porte une attention toute particulière

On distingue donc une répartition entre les mots évoquant une « rondeur » et ceux évoquant un « resserrement ».

Si les deux notions sont liées, l’on peut même envisager que l’idée de « rondeur » est consécutive de celle de « resserrement », resserrement partiel pour la désignation d’un « objet arrondi » (coco, cuca) ou d’un « hémisphère » (e.g. coccinela, buccino, cica). D’ailleurs, cercar peut bien désigner l’idée de « resserrement d’un cercle ». On relève donc logiquement les sens d’étranglement » (occidĕre), de « rapprochement » [cercar, « rapprocher » (vx), étymon de acceder] tous issus du même concept de « resserrement » et associés par le même groupe graphique qui visualise l’action du resserrement à plusieurs stades distincts de son processus.

Ajoutons enfin que l’observation détaillée des corpus du CREA et du CORDE démontre que si cuco possède effectivement une capacité d’évocation de la « rondeur », il actualise davantage la saillance phonique {K-K} liée à l’onomatopée de source animale (coefficient 7,5). Cuca, en revanche, actualise plus la saillance {C-C}, quoique à une échelle moindre (coefficient 2,2 contre 1,4 pour {K-K}). Cependant, cuca peut aussi bien faire sens avec cucha, chucha, concha et chocho (« vagin »), tous d’usage au Chili, notamment. Dans le rapport à ces autres termes, c’est le même invariant graphique {C-C} qui est actualisé. Or, la différence pour atteindre le coefficient 10, soit la totalité des emplois actualisés, est importante : 10 – (2,2+ 1,4) = 7,4. Cela s’explique par le fait que 74% des emplois de cuca sollicitent d’autres saillances. Étudions-en donc deux autres potentielles.

Structure duplicative 1 : « malhabileté » vs. « astuce »

Notons qu’à un niveau pré-formel, cuco et cuca forment des segments dupliqués. Il convient donc aussi de prendre cela en compte pour chercher à démontrer la motivation de chaque emploi en discours et en démontrer la non-ambiguïté, et donc l’unicité de ces signifiants. En l’occurrence, face aux termes suivants à formes dupliquées : gago, zazo, tartamudo, tato, balbuciente, farfulla, tartajoso désignant des personnes bègues ou malhabiles ou soso (« insipide »), bobo, lelo, tonto (« bête », « idiot »), clueco (« très faible et presque grabataire »)33, ou pavo ([páo], « godiche », du fait de la duplication de phones bilabiaux), nous sommes en droit de prôner l’existence d’une structuration basée sur une duplication segmentale ou phonétique se rapportant au concept de »niaiserie » ou de « malhabileté ».

Or, cuco et parfois ganga dans une orientation sémantique plus précise, à l’inverse, désignent une attitude astucieuse (cf. supra). Il est donc possible d’opter ici pour une exploitation énantiosémique de la saillance duplicative. Car rappelons que le niveau conceptuel ne donne pas d’indication sémantique et autorise en cela un sens et son contraire. L’emploi adjectival de cuco, a et le substantif ganga, également actualisés par les structures plus restrictives étudiées, pourraient alors être dus à cette mise en système, ce que finalement déclarent ou n’interdisent pas leurs signifiants respectifs.

Structure duplicative 2 : intégration dans un système de redoublement des hypocoristiques

En ce qui concerne le prénom Cuca, diminutif de l’anthroponyme Maruja, il est intéressant de constater qu’il entre également dans un système de duplications, impliquant cette fois-ci d’autres hypocoristiques. C’est ce que Plénat a détecté avec Concepción  concha, où la racine c-c est conservée ; Jesusa  Concha, avec maintien de la duplication mais changement de support formel ; María  Maruja  Cuca, Pilar  Piluca  Cuca ; Socorro  Coco ; Rosa  Chocha, avec apparition de la duplication. Ce phénomène semble donc dû à des mécanismes de création et de corrélation duplicatives qui reposeraient le plus souvent sur l’optimisation des premières ou deuxièmes consonnes d’attaque par redoublement. Or, le dernier cas Chocha ne saurait être rattaché à la structure duplicative que par le graphisme car c’est le seul moyen ici de le corréler à Concha, à Cuca ou à Coco. Cette corrélation est permise par le fait que la saillance ne porte pas sur un support formel mais sur la co-présence de deux éléments identiques à l’intérieur d’un même signifiant. La forme c-c est donc perçue ici sous l’angle duplicatif et non de la notion de « resserrement ».

Notons par ailleurs que Pepe est aussi issu d’une motivation d’origine graphique P.P. lu [pepe] est en effet le sigle de padre putativo alors que le lien avec l’anthroponyme non diminutif José n’est pas évident. Cela illustre l’importance du signifiant graphique dans la création et la corrélation des hypocoristiques, importance que l’on retrouve dans l’obligation d’apposer une lettre inaugurale majuscule, ce qui est aussi un fait graphique. C’est un des paramètres qui permettent de différencier cette deuxième structure duplicative de la première dont les membres ne semblent reposer que sur l’aspect répétitif et sur le phénomène d’écho qu’il provoque, sous son aspect plutôt phono-articulatoire. Nous n’irons pas plus loin ici mais nous pensions que cette nuance méritait d’être soulignée.

Déductions sur la non-ambiguïté des deux vocables cuco(/a) et ganga et sur son rapport à la nature du signe

Nous pouvons conclure en posant que le concept d’oiseau » chez cuco(/a) et ganga repose sur le trait phono-articulatoire {K-K}. L’invariant {nasale x vélaire}, quant à lui, représente la notion de « réduction », sous l’angle de la « réduction de l’effort », dont découlent des réalisations sémantiques assez diverses. Pour ce qui est de la saillance {C-C} rattachée au concept de « resserrement » / « rondeur », nous avons remarqué qu’elle donne lieu à des capacités sémantiques encore plus variées, ce qui est certainement dû au haut degré d’iconicité de cette structure et du mode de formation de ses membres. En outre, la saillance {duplication 1}, considérée énantiosémiquement, peut renvoyer à la fois aux idées de « malhabileté » et d’astuce » et regrouper également les signifiants cuco / cuca et ganga en tant qu’invariant commun supplémentaire isolable et fédérateur. Or, nous observons que, chez ganga, ce qui n’est pas le cas pour cuco, le signifiant suppose et autorise une spécification sémantique, soit « une astuce visant à la réduction de l’effort ». Les concepts à l’origine du signifié de cuco(/a) ou de ganga pourraient en effet tolérer en amont leurs spécifications sémantiques respectives et les faits de polyréférentialité et d’énantiosémie. Enfin, la saillance {duplication 2} basée intégralement sur le graphisme – et de facto beaucoup plus précise – montre une nouvelle actualisation possible de [C]uca. Ces quelques structurations opérables au niveau submorphologique montrent, selon nous, que les principes de la consubstantialité et de l’unité du signifiant et du signifié peuvent gagner en pertinence. En effet, le signifié ne peut en l’occurrence être établi qu’à travers ce que déclare le signifiant qui lui correspond. Ainsi, par défaut, ce que ce dernier ne déclarera pas n’apparaîtra pas comme support de nomination ou de représentation aux yeux du sujet qui use du système. Notons enfin que la « théorie de la saillance » ne répond certes pas à tous les problèmes, voire en pose de nouveaux, mais pourrait aussi autoriser sur le plan lexicographique, à remettre en question la classification des acceptions données par certains dictionnaires.

La multiplicité structurelle fait donc écho à la pluralité des référents à laquelle peut renvoyer un même signe, qu’une analyse superficielle ou une considération hors système amèneraient à considérer comme ambigu. Avant même d’être envisageable, l’ambiguïté semble en effet levée par le système lui-même auquel le signe appartient et sans lequel ce dernier n’a pas de statut ontologique.

petit compte rendu d’un rdv tranquille entre élites de la nation à Barbès

Cuco est arrivé tard à ce mystérieux rdv dont l’initiative et l’intitulé viennent de Marie Million et Céline Caillault. Léonard Collignon était un des hôtes généreux qui devrait essuyer plus tard les dommages collatéraux de cette réunion au sommet. C’est Jasmin De Nimbocatin qui a ouvert la porte et qui m’a accueilli. Une si douce habitude entre nous maintenant. C’était heureux de retrouver cette joyeuse assemblée. Marie Million était avec son jeune frère Ferdinand, double au masculin, être aussi charmant, juvénil et poétique que sa soeur. D’ailleurs ils dansent de la même manière et Cuco a beaucoup aimé danser avec Ferdinand qui lui a dit les yeux brillants tu m’intrigues …Sally était gentiment assise sur un banc aux côtés de Géraldine Atger.  Depuis sa chute, elle se doit d’être sage et elle joue aux petites filles modèle, ce qui lui sied parfaitement. Bien sûr Cuco a pris des nouvelles de sa santé, le scoop de sally-aux-urgence ayant vite circulé sur le web, c’était difficile de passer à côté, même sans être à la soirée. Maintenant je connais la version officielle: SZ s’est pris une pinte dans le cul, ça ne doit pas être pour te déplaire puisque tu fais l’apologie du fist. Ah non ce n’est pas pareil, je parlais du fist vaginal. Rooh …tu n’es pas très queer Sally, le pur vaginal est inactuel, surtout après la vague d’articles anti-naturalistes qui a déferlé sur la vieille France. Caroline-de-Bonton-qui-ne-le-cultive-pas est alors brusquement sortie de sa torpeur – dans laquelle elle avait sombré depuis quelque temps déjà sur son canapé – et a beaucoup ri. Plus tard, j’ai dû moi aussi me faire réparer le cul par Léonard Collignon qui a découpé un petit bout de gaffeur noir et l’a collé avec ses mains délicates. Non parce que le lieu de rdv des élites de la nation s’était transformé en fistinière mais parce que Cuco est d’une constitution fragile. Mais les petites réparations ne sont jamais définitives.

Et puis il y avait là Hassiba Azizi,  Léa Le, Diane Douceur, Jess.S, Julio Tyrannio, Adrienne, de charmants inconnu(e)s bien sûr,  Margaux Balagny, Céline Cee, Carlotta Fiorin, Camille Matinal,  Thimotée Cervaux, et surtout, Yuki de Nimocatin, le chat mascotte ! Dans le couloir, un garçon m’a demandé en quelle matière était mon vêtement, je lui ai dit que c’était de l’angora sans poils, si on connaît bien l’angora à poils longs à cause des lapins d’appartement, en revanche on connait beaucoup moins l’angora sans poils. Cuco est à l’espèce humaine ce qu’un sphinx est à l’espèce féline : une bizarrerie aussi séduisante que repoussante. Le sphinx n’a pas de poils, il est toujours chaud et tiède et dort sous la couette comme un être humain.  J’ai rencontré Luc Angelini, un garçon vif et curieux. Excessivement même puisqu’un peu ivre il s’est approché à 5 centimètres de moi pour tenter de voir un peu ce qu’il y avait en dessous de mon masque. Leonard C, chevalier servant en chef, est intervenu aussitôt pour qu’il ne m’embête pas. Nous nous croisons souvent sur le dancefloor mais nous ne nous étions jamais parlé. C’est ce que Luc m’a dit. Je vois souvent des filles t’embrasser alors qu’elles ne te connaissent même pas. Je n’ai rien répondu, mais j’ai manqué de répartie, car maintenant que j’y réfléchi, il y a beaucoup à dire. D’abord je connais beaucoup de gens qui s’embrassent sans se connaître, c’est d’ailleurs parfois ce qui fait le charme ou l’excitation du baiser.  Ensuite, il n’y a pas que des filles, mais aussi des trans, ou des pds queers. Ensuite, oui Cuco pose concrètement et socialement la question de la connaissance de l’autre, et en ça Cuco est une subversion définitive. Je le dis car c’est concret, je le ressens pour moi-même, c’est toujours une expérience troublante d’être au monde et d’être dans le monde. Et puis faut-il  nécessairement être capable de décliner l’état civil, le métier, l’adresse de quelqu’un pour pouvoir dire qu’on le connaît ? Il n’y a qu’à repenser à cette époque pas si lointaine où il n’y avait ni téléphone, ni internet, où n’existaient ni le cinéma, ni la photographie, ni la voiture, ni l’avion, ni les trains, une époque où les êtres parfois s’écrivaient, espéraient se voir, sans finalement jamais se voir

Géraldine Atger m’a demandé quel serait d’après moi le futur de Cuco. NO FUTURE. Avec ses airs de punkette et de baby Genesis P Orridge, cette réponse ne pouvait que lui plaire.
A propos d’élites de la nation, en fait c’était plutôt peaple / young peaple.
D’abord, Sally a annoncé à Cuco qu’elle allait voir sa photo dans le New York Times.
Puis, avec Lubna Lubitsch on a discuté de son nouveau statut de star d’inrock. Car Lubna est devenue la nouvelle égérie lesbienne. Comme sur la photo des Inrocks, elle était jolie, avec la même coupe de cheveux bombée, un peu au bol, la peau juste un peu moins immaculée, et surtout, il n’y avait pas écrit sur son visage Sale Gouine, entre autre parce que les élites de la nation ici réunies étaient tou(te)s trans pds gouines, quoique l’homophobie puisse exister entre gens de même orientation sexuelle, et peut même exister avec soi-même. En tous cas, dans cette atmosphère révolutionnaire qui règne depuis quelques mois, grâce aux efforts de la LGBT, des collectifs Oui oui oui et de Gouine comme un camion, elle peut être fière d’être devenue un des visages de la lutte, d’autant qu’elle l’incarne et la représente réellement, au-delà d’elle-même, en tant que rédactrice en chef des Barbieturix.
 Ne manquait plus que Léonie Pernet, qui a elle aussi fait dernièrement une couverture, celle de Snatch, avec Dick Rivers en plus.  Pendant que nous brûlions follement notre petit et précieux temps de vie Boulevard Barbès, de l’autre côté de l’Atlantique, à Brooklyn, elle finissait de concocter son mix sorti hier, 12 février, sur Brain, juste à point nommé pour fêter non mardi gras, mais l’adoption à l’assemblée de la loi du Mariage pour Tous et rendre hommage à Christiane Taubira, notre grande héroïne politique. Celle qui suscite tant d’amour et celle que Cuco remercie à son tour, car grâce à elle, et pour la première fois en France, la cause des minorités « raciales » et celle des minorités sexuelles ont été réunies. C’est bien forte de ce passé identitaire, post-colonialement engagé, farouchement anti-républicain, qu’elle a pu porter haut et fort ce discours sur l’égalité des droits. C’est cette base anti-universaliste qui l’a menée à dire avec autant de fermeté que la différence ne suppose pas l’inégalité


. Enfin de la vraie politisation du débat transcendant l’esprit de chapelle !

Sinon, Julio Tyrannio portait un magnifique sweet avec un grand visage de cerf. S’il venait avec à la Java, il deviendrait vite une des nouvelles icônes de la Trou aux biches.

Axelle Lavaivre Rock, Olivia Haine et Marie Macabre ont débarqué au beau milieu de la nuit, de très bonne humeur, avec des copains d’anniversaire apportant leur énergie renversante….Il était temps parce que dans la pièce d’à côté ça dégénérait en soirée baba cool avec Jasmin De Nimbocatin à la guitare sèche et tout le monde autour chantant et reprenant les refrains.

Céline Caillault m’a mis doucement de son rouge à lèvre en s’appliquant et en s’efforçant de ne pas m’en mettre partout.

On a dansé sur des vieux tubes du Tigre

La neige tombait doucement sur le Boulevard Barbès

Léa Le et Caroline De Bonton ne cessaient de dire qu’elles allaient partir mais elles ne partaient jamais.

Caroline De Bonton avait envie de vomir, mais comme ça ne va pas avec son nom altier, elle s’en empêchait. Vaillamment, elle est restée élégante et nauséeuse jusqu’au bout, assise sur une table, les jambes dans le vide, rieuse, avec cette aura brésilienne au-dessus de la tête

Au cours de la soirée, Romain Merle est venu se présenter à Cuco en lui disant qu’ils avaient dansé ensemble. Oui et c’était un très beau moment je me souviens. Et puis Romain m’a dit qu’il avait vu que je faisais des performances. Mais ce n’est pas vrai, car ni l’action, ni la présence de Cuco ne supposent de spectateurs, ni n’implique d’en convoquer nécessairement. A la limite, c’est l’esprit du happening revisité au XXIème siècle, comme lors de la Rhata Yata Khrisna, ou dans n’importe quelle soirée, et lorsque Cuco a piraté l’espace de la performeuse Yahoi Kusama au Centre Pompidou, c’était précisément un pied de nez à l’institutionnalisation sacralisante de la performance.

Cuco pirate, sinon, quand il est convié ou invité et que cela l’inspire, il se contente de passer et de participer, comme ce soir . Ne rien faire de spécial. Etre là. Au présent. Peu de temps avant l’aube, Léa Le a invité Cuco à poser. Elle m’a aussi proposé une expérience avec Sally. Que nous nous enlacions. http://lanuitsansfin.tumblr.com/

Il fait toujours nuit sinon on n’aurait pas besoin de lumière

Le dernier jour du mois de janvier 2013, c’était la FURIE au Social Club, avec la promesse d’émotions cosmiques, d’apparition et de couronnement de la Vierge, non, ça c’est au Louvre et c’est grandiose, je voulais dire d’apparition de COMÈTES !

Comme une queue de comète, Cuco est arrivé vers 3h30 du matin, Yuksek faisait son djset, comme ça faisait longtemps que Cuco n’avait pas parcouru un dancefloor,  il ressentit une petite griserie, un sentiment d’ivresse monta, comme une avidité perdue et retrouvée. L’atmosphère était étrange, flottante, erratique. Le doux visage de Yuksek revenait régulièrement sur un moniteur suspendu au-dessus du bar, parce qu’au Social, l’espace est compartimenté, tu peux vivre le live sans le voir, et sans même croire qu’il y a un live. Comme il était tard, les gens étaient ivres, Cuco se sentait décalé mais heureux, et en levant la tête, il découvrit cette phrase de Telémonious Monk écrite sur le mur :

Il fait toujours nuit, sinon on n’aurait pas besoin de lumière

Cuco se demanda si c’était juste une histoire d’interrupteur, l’énoncé devenant alors pléonastique, pouvant être remplacé par « N’éteins pas la lumière » ou bien par « Allume la lumière ».

Ou si, au contraire, cette phrase avait une portée métaphysique. Est-ce que ce n’était pas une thèse gnostique teintée de pessimisme platonicien, voire même de catharisme dépréciant le monde terrestre et son obscurité, accompagné d’une croyance en un arrière-monde ?

Est-ce que ce n’était pas tout simplement une trouée mystique qui corroborait une nouvelle fois son hypothèse que la nuit est une  initiation et une révélation continuelle ? Cuco se dit qu’il y reviendrait plus tard, et pensa soudain à son amie Brigitte Fontaine qui aurait sûrement choisi la version Interrupteur.

Cuco et Stephane Von Brach sont tombés dans les bras l’un de l’autre. Beau avec sa nouvelle coupe, cheveux bleus, ou gris, je ne me rappelle plus très bien à cause de la lumière, ou de la nuit justement, il dansait non loin du bar, avec les charmants Brice Rambinaising, Eric Benchétrit et Ahmed Abdouni. Me suis avancé pour découvrir le live, c’était une foule bien compacte qui dansait, en revenant j’ai croisé Hassiba Azizi et Diane Douceur qui trouvaient que la soirée ramait un peu, et tandis qu’on parlait tranquillement, on m’a embêté tout de suite pour prendre des photos, ou me demander des choses aussi absurdes que vulgaires. Alors que je conversais, une fille me touchait la tête de manière insistante, comme si j’étais une poupée inanimée, quand je me suis retourné, elle m’a demandé si c’était bien une fermeture éclair. J’ai dit qu’en effet j’avais bien une fermeture éclair sur la tête, j’aurais dû ajouter que j’en avais plein d’autres, et surtout, que ne les ouvrait pas qui veut. C’est alors qu’un garçon est arrivé pour me demander si je l’avais payé cher, mon costume, parce qu’il était super.  Hassiba Azizi m’a dit qu’elle ne remarquait plus mon masque tellement elle était habituée. Puis j’ai rencontré les chères Olivia Haine et Marie Macabre qui faisaient aussi un peu la moue, avec des pseudos pareils il faut dire que ça prédestine un peu, elles aussi m’ont dit quelles n’étaient plus habituées à ce genre d’atmosphère, presque classique, de boîte de nuit. C’est vrai que la petite tribut queer semblait perdue, peut-être parce qu’il manquait Dactylo avec sa quotidienne saturday night fever ?

Pourtant quelque chose s’est passé, quelque chose a pris ! Je ne sais pas à quel moment mais quand je suis retourné sur la piste, Niz Denox était aux commandes, accompagné en danse par Esmé Sous Entendue qui cette fois ne parodiait pas Patti Smith mais dansait, dans une version gymnase et presque burlesque. Adoptant le côté naturiste de la danse libre, elle arbore seins nus, poils sous les aisselles, lunettes aux verres épais, et elle subvertit assurément les codes de la sexitude hétéronomés. D’ailleurs ça marche, un type qui collait Cuco a voulu s’en faire complice en critiquant la belle Esmée. Ce n’est pas possible, cette fille là, elle est vraiment chelou, en plus elle s’y croit. Cuco a répondu que personnellement il aimait, et bien sûr il s’est éloigné poliment. Et puis quand Pepi della Fresca est apparu aux côtés de Niz Denox et d’Esmée, c’était évident : c’était le hippie revival, pas dans la version Pink Floyd, non, plutôt un style d’inspiration champêtre et bon enfant. Et toute la fin de soirée était pleine de grâce, le dancefloor s’était un peu vidé, et avec SV B, Dani, nous avons follement dansé. Il y avait aussi Brice Rambinaising, et Eric Benchétrit. Un barman m’a proposé de m’offrir un verre si j’enlevais mon masque, j’ai décliné l’invitation et suis parti quand la fête battait encore son plein et que Dani l’inconnue ivre voulait absolument m’entrainer dans une danse proche d’un vieux rock be bop intenable et m’inviter à prendre un shot de wiskey avec elle. Elle m’a supplié d’accepter le shot la prochaine fois qu’on se verrait, peut-être à la Trou aux biches. (Sur la photo, le trio Hippie and happy revival)

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En effet Cuco l’a retrouvée à la Trou, mais elle semblait avoir oublié sa promesse et de toute façon, Cuco avait déjà assez bu. Les biches étaient dans l’ensemble ivres et déchainées quand je suis arrivé à la Java. Leur poil tiède et humide collait aux tempes.

Ce qui est bien à la Trou aux biches, c’est que la douceur de l’animal totem exerce une influence remarquable sur les êtres. C’est chamanique en fait, si l’on se met en lien avec la Trou aux biches, on éprouve inévitablement un devenir-biche, c’est à dire un mélange de grâce et de douceur. Même s’il y a toujours quelques récalcitrant(e)s. Et ce soir là, c’était particulièrement queer parce JD SAMSON était l’invité d’honneur, et si l’on connaît le mythique groupe new-yorkais Le Tigre, on ne peut pas ne pas être particulièrement ému. Cuco et JD Samson ont d’ailleurs beaucoup dansé ensemble, sans que Cuco ne se rende vraiment compte que c’était s/he; sans doute parce que cette phrase du Social Club l’a poursuivi et le poursuit encore. Cuco a aimé aussi danser avec Mohamed Saïdi, avec Lucie Kayser revenue du Mexique, avec Raya Martini, Stephane Von Brach. Aimé aussi revoir Dani, Esmé Sous Entendu, Jeremias Ghinzu Boulanger, Tattie Queen Mum. Et tous les autres, connu(e)s ou inconnus. L’atmosphère était douce et bienveillante, Valentin Jordan-Watrelot a joué les chevaliers servants pour aider Cuco à retrouver son manteau avec les clefs qui étaient tombées sous la banquette en se servant de son téléphone pour éclairer. Oui décidément il fait toujours nuit, sinon on aurait pas besoin de la lumière. Last, but not least,  je ne résiste pas à reparler d’une soirée de l’année dernière, parce que je découvre une photo d’Elora Thévenet, avec Mila Aragon, quand elle m’avait prêté sa casquette, elle m’a d’ailleurs entretemps rebaptisé Cuco Cucasquette. C’était à la Flash Cocotte du 15 décembre.

Cuco Cucasquette de Mila

Et je découvre aussi un joli petit film de cette même Elora Thévenet, que je partage. L’atmosphère est folle, à 1.18, c’est le baiser de Cuco je l’avais oublié…. et tout ça se termine dans le voile du marié, une célébration d’un authentique mariage gay, lesbien, so queer

https://vimeo.com/55927258

Cuco Cuca ?

Viens de recevoir cela d’Amérique Latine…. « Primer vuelo de Cuco y Cuca », le premier envol de Cuco et Cuca…la personne me demande dans le mail si dans mon goût pour la transmutation, il n’y aurait pas eu aussi une mutation interspéciste originaire que je cacherais, voire même que j’ignorerais . Maybe !  J’y vois du moins un encouragement objectif à pencher en faveur du polymorphisme, de la thèse des vies antérieures, et de la solidarité entre les espèces et des nouvelles formes amoureuses et pacifiées d’androgynie. Cuco et Cuca s’aimaient, comme vous pouvez le constater, dès leur premier envol….

youtube=http://www.youtube.com/watch?v=VK7XA78f65A

 

La fin du monde n’a pas eu lieu, la fin d’un monde arrive / FlashCucotte &Corps VS Machine

Chaufferie de la MachineLa fin du monde n’a pas eu lieu. De toute façon nous étions prêts, car en Cucoland, même au bord du naufrage, notre credo est toujours le même : vivre chaque jour comme si c’était le dernier. Par contre, la fin d’un Monde est en train d’avoir lieu : Patriarchal life, you are out of date ! Réjouissons-nous. C’est notre souhait pour l’an neuf : que ce vieux monde se consume ! D’ailleurs, malgré les ultimes soubresauts des conservateurs et la mauvaise haleine des pères ou mères de famille qui s’égosillent dans la rue pour empêcher la destruction de la cellule souche familiale, l’ordre identitaire s’effrite depuis déjà fort longtemps, et les nuits de la capitale l’attestent joyeusement. Il n’y a bien que les aigris qui ne sortent jamais pour dire qu’il ne se passe rien à Paris et qu’ailleurs les fêtes sont plus belles. Alors, avant que les souvenirs de cette soirée insensée et mémorable ne s’évanouissent dans les vapeurs éthyliques de l’an neuf, Cuco veut exhumer quelques souvenirs d’une Flash Cucotte mémorable.

D’abord, c’était en 2012 et c’était the last Flash Cocotte, la tender queer party de Paris. Ensuite, elle avait lieu le 29 décembre à la Machine du Moulin Rouge. Enfin, les Cocottes avaient confié la Chaufferie à la Corps VS Machine. Rappeler seulement que la chaufferie était pendant des décennies la véritable chaufferie du Moulin Rouge et les chaudières sont toujours là. Corps Versus Machine à la chaufferie, tout un programme donc, juste dans le titre. Et ce fut bien une sorte de rencontre alchimique.

Après avoir fait un rapide tour dans les backstages, le temps d’apercevoir Dactylo, transformée en charmante princesse avec une robe rose à volants, arborant des petites oreilles de lapin, Pepi Della fresca, Numéro Six, Stephane Moshé, ainsi que de splendides Cocottes qui se préparaient déjà pour leur show, Cuco est sorti se promener. Il était en effet inhabituellement tôt pour lui, même pas une heure du matin, Anne-Claire lui avait dit de venir vers minuit pour recevoir les consignes pour l’élection de la Miss Cocotte qui n’était en fait prévue qu’à 1H30. En sortant, j’ai croisé Mikael Knafo Jobs arborant un manteau de Cocotte volumineux à poil blanc, puis j’ai emprunté le large escalier jusqu’à la Chaufferie, où, accoudé aux balustrades de la passerelle juste en face de la scène, j’ai écouté et regardé longuement Rag mixer. L’atmosphère était joyeuse, comme il était encore tôt, il n’y avait encore rien de débridé, elle tenait fermement la barre, avec sa classe habituelle. Léa Le est alors arrivée, avec la fraîcheur d’une jeune fille en fleur, vêtue d’un imperméable blanc. Nous avons parlé, elle m’a dit qu’elle n’était pas sortie depuis longtemps, que c’était bien, les têtes avaient changé; c’est vrai, Cuco ne connaissait pas grand monde non plus. Je lui ai dit que j’allais à l’élection de la Miss Cocotte et qu’elle devrait se présenter ainsi vêtue, elle serait peut-être, paradoxalement, la plus subversive. Elle n’a pas osé.

J’ai poursuivi ma déambulation, montant jusqu’au dernier étage de la Machine, où les Travlators organisaient un atelier pancarte, entre autre en vue de la prochaine manifestation du 27 janvier. L’atmosphère était bon enfant, ça avait des allures de gigantesque et improbable atelier d’expression libre, sauf que l’activité manuelle proposée était aussi militante et avait lieu dans une boîte de nuit, ce qui change tout. Malheureusement Cuco n’a pas eu le temps de laisser libre cours à sa créativité, ni à son imagination pourtant fertile, car des idiot(e)s complètement ivres ont voulu immortaliser leur rencontre, non seulement en prenant des photos, mais surtout, en appliquant sur lui leurs mains pleines de peinture. Cuco est descendu se laver et dans la glace, a découvert une main rose posée sur son coeur, c’était si romantique qu’il a regretté d’avoir insulté cette fille. Après s’être entièrement nettoyé, il est descendu à la Chaufferie prendre un wiskey,  Rag était encore aux commandes, l’atmosphère était plus chaude, la passation avec Ivan Smagghe imminente.

Cuco est remonté dans les loges car il devait se préparer à accomplir sa tâche : élire la Miss Cocotte. Il a retrouvé Chill O, qui portait un magnifique sweet blanc avec une reproduction d’une oeuvre de street art, a-t-elle expliqué, une série de petits ballons colorés.  La tonalité joyeuse de leurs retrouvailles a d’ailleurs été immortalisée par Yvette Neliaz, elle-même membre du jury,  à 2.01 :

élection de Miss Cocotte par Yvette Neliaz

Puis j’ai croisé ce cher Clément Giraud : vêtu d’une très longue robe noire argentée, et d’une perruque de cheveux longs et roux, il était prêt pour jouer la présentatrice, aux côtés de l’incroyable Sébastien Vion. Candidat(e)s ou membres du jury, nous nous sommes tous retrouvé(e)s dans l’escalier pendant que les deux présentaient l’Evénement. Tout est allé très vite ensuite, la foule de danseurs devenus spectateurs se pressait contre la scène, Niz Denox était aux platines avec Dactylo, tout s’est accéléré, les règles de l’élection ont complètement échappé au jury, si bien que F.Chaignaud, splendide dragqueen, a quitté la table du  jury pour s’avancer sur scène. Quant à Yvette Néliaz, elle photographiait, Simon Porte Jacquemus, veillait, avec élégance et détachement, et moi, je regardais. Une pluie de paillettes a inondé la scène et le dancefloor. Cuco a aimé ce défilé, aimé voir Esmée Sous-entendue se prendre pour Patti Smith et faire semblant de lire quelques extraits de Just Kids avant de se jeter nonchalamment dans la foule, la danse de Yasmina Cheveux, Garry Pourri, la Miss Cocotte de l’année dernière et ses ballons,  le duo de barbus aux tuniques blanches néo-classiques, (Arthur Gillet), l’allure de Raya Martini, celle de Mohamed Saïdi, de Konstantin Kudelih, et tous(tes) les autres, dont il ne connaît même pas les noms.

Après la joyeuse consécration de Laurence Colère, nouvelle Miss Cocotte, Cuco est remonté et a rencontré le photographe Jacob Khrist. Des inconnus ont voulu se faire photographier avec moi, et chaque fois ils se collaient ou penchaient la tête pour entrer dans le cadre, alors Jacob Khrist s’est lancé dans une leçon de photographie aussi pertinente qu’hilarante, étant donné le contexte, pour leur dire que le cadre, c’était son affaire, et non pas celle du modèle. Les élèves / modèles en question étaient bien trop défoncés pour comprendre ce qu’il disait, après son explication ils ont recommencé à s’agglutiner, au lieu de s’en tenir à l’espace vide. J’ai croisé aussi les très charmants Jeremias Boulanger et Numéro Six, puis Léonie Pernet qui se préparait pour son set qui commençait à 4h du matin, Rag, et Lubna Lubitsch, dont c’était l’anniversaire. Comme dans un film de la Nouvelle Vague, elle était assise, jolie, calme et sans entrain, l’air morose. Un refrain s’échappait de ses lèvres, j’ai cru reconnaître la voix d’Anna Karina qui, la moue boudeuse, demande d’un ton plaintif : « Qu’est-ce que je peux faire ? J’sais pas quoi faire « . Oh, après coup, je ne résiste pas à cette réminiscence de Pierrot Le Fou…petit intermède cinéphile de 23 secondes….d’ailleurs, on couperait bien avant l’intervention machiste de Belmondo/Godard… ça rejoint justement le thème de la Jeune fille cher à Lubna L, puisqu’elle a écrit dernièrement un petit texte dans le journal des Barbieturix. C’est d’ailleurs surtout le thème critique des posts-Situationnistes.

Quelque peu désabusée et mélancolique, Lubna Lubitsh, peut-être rattrappée à son insu par la « jeune fille », s’est livrée à des considérations existentielles non sur la fuite du temps, mais sur le thème du déjà vu, comme si le fait d’être de l’autre côté de la barrière, parce que d’habitude avec les Barbieturix elles sont toutes maîtresses des lieux, empêchait d’avoir accès pleinement à l’esprit de la fête. Et puis il faut le dire, l’esprit de la fête parfois nous quitte inopinément, ça vient de m’arriver ce week-end.  Epiphanie mal vécue. Bonjour Tristesse. Merci Françoise. On ne sait pas si c’est à cause de ce qui se passe, ou à cause de ce qui ne s’est pas passé, ou si c’est simplement nous qui faisons obstacle à la possibilité qu’il se passe quelque chose. En tous cas, j’ai aimé ses considérations sur le caractère déceptif : comme en amour, on attend tout d’une soirée et parce qu’on en a trop dit, ou parce qu’on a trop espéré, nous sommes déçus. Bref c’était l’anniversaire de Lubna.

Redescendu à la Chaufferie, je me suis promené longuement sur les passerelles, c’était la fin du set de Ivan Smagghe et c’était vraiment bien. Comme Cuco était d’humeur espiègle, peut-être à cause de toutes ces Cocottes déchaînées,  en mode FlashCucotte, il avait envie de s’amuser encore. Alors j’ai repéré un espace merveilleux, digne d’Alice au Pays des Merveilles. Vide. Terriblement tentant. J’ai croisé Marie Million sur mon chemin qui était partante pour pirater avec moi ce petit espace vierge. Comme j’hésitais à enjamber la barrière, elle m’a encouragée, et hop ! quelques minutes plus tard, nous étions toutes deux en bas à danser au milieu des champignons géants et des fleurs multicolores, aux rythmes d’Ivan Smagghe. C’était comme un hors champ merveilleux et enfantin de la soirée. Ne manquait plus que Dactylo avec ses frous frous roses, ses petites oreilles et sa mine ingénue. Mais hélas, elle mixait là haut, avec Numéro Six et Pipi Della Fresca. Deux filles nous ont rejointes, entraînant malheureusement dans leur sillage un gardien très remonté qui nous a expédiées dans le monde réel manu militari. Pour les sceptiques, qui penseraient que Cuco n’a en fait pas vu, mais pris des champignons, voici la preuve : deux photos de ce magic dancefloor éphémère….

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Cuco a confié à Hélène Jennox un secret qu’elle n’a pas compris. Mais ça, elle ne lui a pas dit tout de suite, c’est seulement le lendemain qu’elle s’est dit que ce secret n’en était pas un, et au Batofar 10 jours plus tard qu’elle lui a dit qu’elle ne comprenait pas en quoi c’était un secret ! C’était doux de revoir Pierre, Pi Re, de rencontrer brièvement Kevin Lemoine, et de croiser le beau Léonard Collignon, avec lequel il a dansé dans les escaliers.

La fin de soirée était folle, Léonie Pernet a pris les commandes et la chaufferie s’est littéralement soulevée. La Corps Vs Machine était au rdv, Jasmin De Nimbocatin sur des ressorts, et de nombreux(ses) acolytes complices ont rempli la scène. Comme lors de son set à la CurryWürst en septembre 2012 au Batofar, Léonie Pernet était inspirée, presque en transe, mais une transe froide et maîtrisée. Elle avançait, élégante, l’air de rien, concentrée et implacable, sous le regard doux et bienveillant de Guido Minisky qui dansait dans un coin de la scène. Et tandis que Sally se suspendait aux barres du plafond et faisait de la balançoire, Mila Aragon en plein trip se prenait pour une panthère et rampait sur les platines. Quant à Cuco et Léa Le, ils étaient heureux de se retrouver, l’oeil délicat de Chill O est passé par là…

Sally s’est fait finalement virer. Sans doute parce qu’elle n’a pas résisté au désir de se suspendre de nouveau à moitié nue au-dessus de la scène. J’étais dans le grand hall d’entrée quand je l’ai vue passer et marcher gentiment derrière le videur, j’ai interpellé Pepi Della Fresca pour qu’il intervienne et la sauve des griffes du bourreau. Mais le temps de saluer Chärly -Nelly Adäms, toujours aussi belle, et Sally était déjà de retour parmi nous ! A la chaufferie, c’était terminé, mais la Flash continuait, il était plus de 6H du matin, il y avait encore une foule sur le dancefloor de la Central, alors que j’allais partir, Jenni Sarfati est venue une dernière fois me dire qu’elle aimerait quand même bien savoir qui se cache sous ce masque, et puis Audrey Saint-Pé a voulu absolument m’offrir un shot de wiskey. Ivre et volubile, elle a fini par me dire que Cuco était le supplément d’âme des soirées, ultime douceur pour rentrer et faire de beaux rêves après cette fabuleuse flash Cucotte…